THE VELVET UNDERGROUND, The Velvet Underground & Nico

 

 

 

 

 

THE VELVET UNDERGROUND
The Velvet Underground & Nico
1967
Etats-Unis
Experimental psychedelic rock

 

01. Sunday Morning
02. I’m Waiting For The Man
03. Femme Fatale
04. Venus In Furs
05. Run Run Run
06. All Tomorrow’s Parties
07. Heroin
08. There She Goes Again
09. I’ll Be Your Mirror
10. The Black Angel’s Death Song
11. European Son

Une banane mûre à peler et en route pour la légende ! Cette pochette mythique réalisée par Michou… euh pardon Andy Warhol illustre le premier album de ce groupe new-yorkais emblématique de la contre-contre-culture. En effet, le Velvet, intégré dans le paysage étrange (bel euphémisme !) de la Factory de notre ami à moumoute Andy, se plaît à aller à rebours des valeurs hippies si tendances à cette époque (surtout en cette année de summer of love). Là où les chevelus de la côte ouest chantent la paix, le retour à la nature, la fraternité, le « pouvoir des fleurs » et les bienfaits de la Marie-Jeanne, le groupe de Lou Reed nous fait traverser un espace urbain glauque, peuplé de junkies, de dealers, de travelos mal rasés, de paumés à l’œil torve, bref une exploration du malsain. On est loin de la douce drogue, ici on glorifie LA drogue dure par excellence, l’héroïne sur le titre… « Heroin » ; cette héroïne fournie par le saint sauveur, le dealer, the man qu’on attend impatiemment pour nous purger. Ici, pas d’amour libre conventionnel comme celui des conducteurs de vans Volkswagen, on privilégie les rapports sexuels dominant/dominé, où seule la souffrance peut procurer du plaisir ; la relation SM est ainsi mise en scène sur l’exceptionnelle « Venus In Furs », une chanson certes planante (grâce à l’alto magique de John Cale), mais qui sent la came la plus extrême et la décadence la plus grande. Cet album est également habité par la présence mystérieuse de Nico, mannequin-actrice allemande (non yougoslave… non papoue…), magnifiquement hiératique, à la voix grave et gutturale qui chante (ou plutôt envoûte) sur ces 3 titres intemporels que sont « Femme Fatale », « All Tomorrow’s Parties » et « I’ll Be Your Mirror ». La présence de la blonde, qui tourna pour Fellini et eut un gosse avec Delon, donne une profondeur encore plus manifeste au disque et nous plonge un peu plus dans le charme déliquescent de cette musique. Il s’agit donc d’une œuvre majestueuse et viciée, totalement méconnue quand elle est sortie (car porteuse de mauvais karmas sans doute !), mais qui est devenue (ouf !) une référence aujourd’hui grâce à son influence sur un grand nombre de musiciens comme par exemple les punks.

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