Tout est sacré ! Interview de Patrick Bernard

Patrick

Patrick Bernard est l’un des musiciens New Age les plus intéressants et ce, depuis une trentaine d’années. Son message spirituel est d’une grande profondeur et il l’exprime par le biais des chants sacrés. Actuellement basé au Québec, il a grandi en Algérie durant une période troublée. Son chemin de vie est semé de voyages et de rencontres enrichissantes, dont celle de la danseuse Anuradha Devi qui l’accompagne sur scène. Il évoque avec nous entre autres les vertus thérapeutiques des mantras et l’importance du divin.

Vous êtes né en Algérie. Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance passée dans ce pays ?
L’Algérie durant les années 1950 semblait être un carrefour culturel. Dans un même quartier on pouvait entendre des chants juifs, des prières chrétiennes, des mélodies arabes, des chansons françaises, des rythmes espagnols, des voix italiennes, corses, etc. Les traditions semblaient se mélanger harmonieusement sans perdre pour autant leur spécificité. Comme l’influence de l’environnement de la naissance jusqu’à sept ans conditionne le reste de l’existence, il se pourrait que ce melting-pot culturel ait bel et bien influencé ma vision basée sur l’unité fondamentale de toutes les religions et de toute la musique sacrée en général (langage universel par définition). Parallèlement, le danger était palpable à cause de la guerre d’indépendance ; l’angoisse était quotidienne, je pouvais ressentir une menace constante. Les attentats étaient de plus en plus violents et la mort était partout présente, surtout vers la fin, lorsque l’armée française a abandonné l’Algérie. J’avais dix ans à l’époque. Instinctivement, je posais régulièrement cette question à ma mère : « Qu’est-ce qui se passe quand les gens meurent ? ». Étant de culture existentialiste, ma mère, que j’aimais beaucoup, me répondait que la mort correspondait au néant. Mais je ne sais pas pourquoi, je n’ai jamais accepté ce genre d’hypothèse toute faite. On a quitté l’Algérie en voyageurs quasi clandestins sur un des derniers vols d’Air Algérie, juste avant l’indépendance et les grands massacres des populations, laissées pour compte par l’armée et trahies par les politiciens comme De Gaulle. Les souvenirs de milliers de familles coincées dans l’aéroport d’Alger sans pouvoir partir et donc vouées au carnage qui a suivi, ont laissé dans mon esprit une trace profonde de tristesse, de révolte contre l’ordre établi et de tragédie humaine. Cela se ressent je pense dans ma musique qui peut être à la fois nostalgique et tragique, une sorte de goût du paradis perdu, ou d’évocation de la chute de la conscience humaine dans la barbarie et le mensonge social délibéré. L’exil des réfugiés vers une France hostile qui n’allait pas les accueillir avec bonheur est resté gravé dans mon subconscient.

Comment avez-vous découvert votre voie spirituelle ?
Elle semble avoir été présente en moi depuis mon plus jeune âge. J’ai été instruit par les jésuites et donc j’ai reçu une première éducation liée à l’histoire biblique. Le personnage du Christ m’a toujours plu. Un vrai révolutionnaire qui ne mâchait pas ses mots face à l’hypocrisie des religieux de son temps et qui avait le courage de ses opinions ; il était aussi porteur d’un grand message : ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que les autres vous fasse. C’est simple, mais il est surprenant que tant de prétendus chrétiens aient encore du mal à comprendre la signification pratique de cette injonction. Et que dire de l’Inquisition catholique, cette institution autorisée par le Pape, qui a séquestré, torturé et assassiné un million de femmes thérapeutes en les accusant de sorcellerie ! À dix-huit ans, j’ai arrêté mes études faute d’intérêt et je gagnais ma vie en jouant de la guitare dans différents groupes de rock. Puis, j’ai décidé de déserter la France parce que je ne voulais pas faire mon service militaire, qui était encore obligatoire. C’était l’époque de la beat generation et je me suis retrouvé à Amsterdam. J’ai découvert la culture du Tibet, le yoga indien, le LSD et les alcaloïdes psychédéliques d’Amérique du Sud, le chamanisme, le végétarisme, les mantras védiques et la musique progressive du Mahavishnu Orchestra. Les années 1970 auront été une période de transformation pour toute une génération.
Ma vie intérieure s’est développée d’un coup après une crise mystique majeure, en 1974. J’ai eu l’intuition que la vie ne pouvait pas provenir d’un mélange de produits chimiques. La vie vient de la vie elle-même, rien ne se crée, rien ne se perd, rien n’est créé, rien n’est perdu. C’est une des bases de la vie spirituelle, elle est avant tout la vie de la Vie. Je suis parti sur les routes sans argent, sans papiers, je cherchais Dieu, voilà tout. À force de dormir sous les étoiles et souvent sous la pluie, j’ai rencontré des membres du mouvement Hare Krishna et je me suis rendu en Suisse, à Genève, pour prendre des cours de langue sanskrite et pratiquer le bhakti yoga à temps plein selon les anciennes techniques védiques. C’est au sein de cette association que j’ai pu produire mes premiers disques en 1977. À la mort du fondateur du mouvement, A. C. Bhaktivedanta Swami, que j’aimais pour la pureté de ses motivations, les choses sont devenues artificielles et dénaturées et j’ai aussitôt décidé de voler de mes propres ailes. Je ne fais plus partie d’aucune institution religieuse et je ne crois ni aux sectes ni aux professions de foi. Je pratique toujours le bhakti yoga védique sur une base régulière et la technique élaborée du chant des Vibrations Sonores Spirituelles (le yoga du son ou japa-yoga) fait partie de mon travail musical, un travail dans lequel j’incorpore des activités qui rendent directe l’expérience de la divinité intérieure comme une étape majeure dans l’évolution de la conscience humaine. Cela convient à mon tempérament individualiste parce qu’il s’agit d’une méthode millénaire et universelle qui calme l’angoisse existentielle et induit le prolongement de l’évolution jusqu’à la constitution d’un milieu divin. Le processus se base sur l’écoute méditative de formules sonores constituées de vibrations spirituelles ; j’ai donc recours à cette forme musicale de méditation expérimentale comme mode de connaissance pour accéder à une réalité qui n’est pas d’ordre uniquement psychologique ou, encore moins, sensorielle.

Quels sont les textes sacrés que vous préférez ? Et quelle importance revêt le sacré dans votre vie ?
Tous les Écrits révélés ont une importance particulière selon les temps et les circonstances. Tout dépend de l’évolution de la conscience des êtres, à qui ils s’adressent. Les évangiles sont révélateurs, mais il faut les lire dans leur version araméenne ou en grec. Les traductions latines et ensuite francophones ou anglophones ne rendent pas justice au message cosmique du Christ. On peut le regretter. Bien sûr l’essence des Écrits védiques ont une importance capitale. La Bhagavad-Gita, si chère à Malraux et à d’autres grands penseurs, contient l’essence de toutes les informations utiles pour ouvrir les portes de l’invisible. On y apprend avec précision ce qui se passe au moment de la mort et comment générer en nous des énergies internes hautement thérapeutiques, comment diriger notre vie pour qu’elle soit agréable, comment se préparer à vivre et à mourir divinement.
La lecture du Srimad-Bhagavatam (commentaire du Vedanta Sutra) fait partie de ma méditation quotidienne, de même que les textes des grands mystiques chrétiens. La littérature hébraïque a aussi son importance mais il faut la séparer du sionisme qui est une récupération de la religion aussi dangereuse que la récupération politique des islamistes par rapport au Coran. Tous ces textes sont de même essence et révèlent la même réalité. Il suffit de traduire les textes en étant dépourvu de tout intérêt de paroisse ou de parti politique cherchant le pouvoir pour s’apercevoir qu’il n’y a en fait qu’un seul grand texte spirituel dans le monde. C’est à nous, individuellement et indépendamment, de faire la démarche. La vie spirituelle est une vie privée. Les textes sacrés sont un parce que la réalité divine est une. Dieu est un mais ses multiples aspects sont appréciés différemment selon différents angles de vision. Il n’y a qu’une seule spiritualité.
L’importance du sacré se retrouve dans tous les pans de l’existence : la nourriture est sacrée, l’amour est sacré, le travail est sacré, la musique est sacrée, la famille est sacrée, les enfants sont sacrés, l’union des sexes est sacrée, etc. La re-spiritualisation ou re-sacralisation de la vie doit se manifester dans tous les domaines de la société et devenir pratique, sinon la religion ne sert qu’à enrichir inutilement les poches de quelques prélats en robes rouges et à grands chapeaux dorés.

Quel est le lien qui unit selon vous les spiritualités orientales et occidentales ?
En essence, elles se ressemblent. Qu’on l’appelle Jésus ou Vishnou, l’Infini est au fond de nous. Par exemple, lorsqu’on entreprend l’étude de la Philocalie des Pères du Désert, on a la nette impression de lire les traités yogiques des Himalayas. Le propos est le même malgré les différences de vocabulaire.
Le lien est le développement de l’attraction pour la force vitale qui nous anime et la survivance de cette force au-delà de la dissolution de la matière. Les recherches récentes en physique, en biologie et en neurosciences, ne font que confirmer les aphorismes des anciennes spiritualités, fussent-elles d’Orient ou d’Occident. Les physiciens appellent Dieu « le Champ de Cohérence Universelle ». Les brahmanes de l’Inde appelle cette substance « Brahman », mais c’est la même chose.
Encore une fois, Dieu est un, et le concept de Dieu n’appartient pas à telle ou telle religion orientale, occidentale ou moyen-orientale. Dans l’âge cosmique que nous traversons depuis 5.000 ans, différentes organisations religieuses considèrent leur Dieu comme différent du Dieu des autres, mais cela est une folie. Le plan de conscience du divin est un, mais il est perçu selon différents angles de vision. Le lien se retrouve dans la vision synthétique de l’infinitude de la conscience.

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Quel(s) est/sont le(s) message(s) exprimé(s) à travers votre musique ?
Le message est celui que les chants sacrés portent en eux-mêmes. Je les chante dans leur langue d’origine et le message est vibratoire. Le sens des mots ne passe pas forcément par l’intellect limité mais résonne dans tout le corps. La signification devient alors intuitive et chaque auditeur saisit une partie du message selon son propre niveau de conscience. Une des bases du message est le sens de l’éternité de l’existence, la présence d’un champ de cohérence universelle en toute chose et en tout être vivant, ce que les védiques nomment paramatma, qui peut se traduire par Conscience Omnipénétrante. Il y a aussi une dimension écologique, avec la prise de conscience que les ressources de la matière se retournent contre l’humanité si elles sont exploitées aveuglément. Les chants sacrés, toutes traditions confondues, mettent plutôt l’accent sur la coopération que sur l’exploitation. Pour survivre dans une société paisible et prospère nous sommes appelés à nous libérer de la rage de vivre, de la torpeur mentale, de la cruauté des abattoirs, du trafic humain, de l’esclavage du système matérialiste, de l’intégrisme fanatique, etc. Au lieu de servir la matière et la machine, les Écrits nous conseillent plutôt de servir la beauté, l’amour de la nature, et de faire naturellement l’expérience intérieure d’une présence divine bienveillante, quelle que soit la manière dont on est en mesure de concevoir cette présence surnaturelle, impersonnelle et personnelle, non différente de nous en qualité.
La plupart des chants sacrés que je chante expriment le côté surnaturel de la réalité ultime qui ne peut être perçue par les sens physiques ou le mental. Il faut aller au-delà, quitter le rationnel limité au profit de cet autre mode de connaissance qui s’appelle l’écoute intuitive, l’écoute méditative, qui n’est pas une méditation béate sur le vide ou sur le silence. Il s’agit plutôt d’une rencontre active, expérimentale, en face-à-face avec une présence intérieure.

Quels pouvoirs ont les mantras selon vous ?
Il existe trois niveaux de pouvoir. Le premier est de provoquer l’élimination des tensions musculaires ; le son induit une relaxation profonde. Des blocages disparaissent et l’énergie vitale se remet à circuler plus librement.
Le deuxième niveau de pouvoir est la libération des plexus du corps subtil : les chakras ou centres de conscience éthérique. Ce système est bien documenté depuis des milliers d’années et la médecine légale est retardataire à ce sujet. Évidemment, on sait que le mot légal n’est pas synonyme d’honnêteté et la collusion entre l’industrie pharmaceutique et la faculté de médecine empêche tout progrès sur la question. Il faudra attendre que les consciences s’éveillent. Les plexus concentrent les émotions toxiques (ressentiments, colères, peurs, rancoeurs, etc.) et quand ces vibrations négatives s’accumulent, la gorge se serre, on a des pincements au cœur, le souffle se coupe, l’estomac se noue, etc. Les symptômes sont bien connus dans l’ancienne médecine ayurvédique, en médecine tibétaine, chinoise, etc. Il est surprenant que la médecine légale occidentale tarde encore à reconnaître ces systèmes énergétiques pourtant si évidents, bien connus de l’acupuncture par exemple.
Le son vibratoire des mantras purifie l’énergie subtile des chakras et les libèrent en débloquant les vieilles mémoires traumatisantes. L’angoisse et la dépression sont ainsi éliminées sans médicaments coûteux. Le système immunitaire suit irrémédiablement et la force vitale s’en trouve grandement améliorée. Il y a régénération.
Le troisième niveau est le plus intéressant : le son nettoie le miroir du mental de la poussière électro-magnétique accumulée depuis des décennies, voire depuis des vies. L’âme ancestrale peut alors s’y refléter plus clairement et elle découvre sa position constitutionnelle dans l’espace éternel. Elle retrouve ainsi sa relation perdue avec elle-même et avec le Soi suprême. Il s’agit plus d’une expérience à faire qu’une croyance à maintenir artificiellement. Il faut le vivre pour le savoir. Il faut être amoureux de quelqu’un pour vraiment savoir ce qu’est l’amour. Connaître c’est être. La connaissance de l’âme ancestrale est une expérience de conscience, pas une croyance mentale ou intellectuelle, et ce n’est pas une doctrine dogmatique qu’il faudrait accepter aveuglément. Il suffit d’en faire l’expérience. Les vibrations mantriques induisent cette prise de conscience, surtout en écoute méditative. C’est pourquoi, dans mes concerts, je n’invite pas nécessairement l’audience à chanter mais à écouter et à laisser le son pénétrer en profondeur, jusqu’aux arcanes de l’être entier car si on reste à la surface du son rien ne se passe vraiment. Le travail vibratoire se fait tout seul au niveau subtil de la matière mais il est nécessaire de le laisser vibrer de l’intérieur.

Comment avez-vous rencontré Anuradha Devi ?
Anuradha ? Je l’ai rencontré alors qu’elle revenait de son premier séjour en Inde quand elle avait dix-neuf ans. Je lui ai parlé de yoga du son et elle a été aussitôt intriguée et intéressée. Ensuite, je l’ai invitée à créer des chorégraphies symboliques et des gestuelles liturgiques durant mes concerts. Anuradha possède naturellement une grâce qu’on ne retrouve pas ailleurs. La fusion artistique se fait naturellement avec elle parce qu’elle a le don de ressentir l’énergie subtile des sonorités, ce qui est rare. Depuis, elle a développé ses propres techniques de danses yogiques et s’est associée avec de grands maîtres de danses indiennes classiques. Son art se développe avec le temps d’une manière exponentielle. Au niveau des techniques spirituelles je crois bien qu’elle m’a dépassé. Nous produisons depuis dix-sept ans des événements ensemble. Son époux, Gordon Govardhan, est un excellent musicien et il ajoute parfois son talent à nos concerts qui sont des sortes de transfert d’énergies spirituelles.

Vous faites partie de la « scène » New Age depuis près de trente ans. Pourquoi avoir choisi de produire ce type de musique et quel(le)s sont les artistes de ce style que vous appréciez ?
Mes productions ne correspondent à aucune étiquette sur le marché. La seule étiquette que je pouvais accepter il y a trente ans était le créneau New Age ou celui de la musique de film. Dans ces deux catégories il n’existe aucun format et la musique peut aller où elle veut sans être l’esclave de formats radiophoniques ou télévisés.  La « scène » New Age est un espace un peu ingrat parce qu’on y trouve le pire comme le meilleur et que les philosophies New Age sont la plupart du temps bien naïves. Il n’en reste pas moins que cette « scène » est porteuse d’espoir et a le courage de diffuser une musique tendre et pleine de bonté. Et c’est justement ce qui manque le plus dans le monde actuel où la cruauté et la violence sont de bon ton. Une caractéristique de la musique New Age est le retour au sens de l’amour en tant que force de guérison. C’est souvent une musique qui est fluide et qui n’est pas au service de la machine comme par exemple la musique trance, le rap ou le hip-hop. Le monde actuel est en train de foncer dans un mur existentiel en un temps record et manque terriblement de vision à long terme et d’alternative. La musique New Age nous donne au moins l’occasion de souffler, de se détendre, de voir plus loin, au-delà de la naissance et de la mort, au-delà des joies et des peines, de réfléchir au sens de la vie et de retrouver une sorte de sérénité intérieure. J’aime le travail du violoncelliste David Darling, ses textures sont riches et l’intention qu’il y insuffle est profonde. J’aime aussi Brian Eno et Tangerine Dream.

De quoi êtes-vous le plus fier professionnellement ?
D’être encore là ! Il est facile de créer un concept artistique et il est simple de le détruire. Mais le maintenir durant trente ans est plus délicat. Je suis heureux d’être encore partie prenante de la culture et de pouvoir produire ma musique de façon totalement indépendante. Je suis redevable à Anuradha de m’avoir aidé à devenir mon propre producteur et mon propre éditeur. Les gens du show-business m’ont beaucoup déçu et je suis satisfait de mon cheminement qui m’a libéré de tout ce fatras d’agents et d’imprésarios qui n’avaient aucune idée de la fonction réelle de mon travail de compositeur. Je suis aussi fier d’avoir su garder une relation d’amitié avec mon directeur musical depuis 1981, le compositeur Robert Lafond. Sa culture musicale est bien plus vaste que la mienne et son apport dans les arrangements symphoniques de mes mélodies et de mes progressions harmoniques a pour moi une grande valeur. Lafond est aussi un excellent ingénieur du son, il a l’oreille absolue et sa pratique de la spiritualité est impeccable. Dans la profession, il est extrêmement rare de trouver de telles personnes ressources et je suis très heureux d’avoir pu conserver ces atouts majeurs pour mon travail. Je suis également très fier d’avoir réussi à garder des relations stables et authentiques avec mes distributeurs, notamment avec Yves Ducharme, président-fondateur de la compagnie Aura Musick qui distribue mes productions depuis le tout début. Mais ce dont je suis sans doute le plus fier c’est évidemment que le public me suive, qu’il y ait des personnes qui vendent mes disques et mes livres et qu’il y en ait d’autres qui les achètent pour les écouter, les lire et s’en servir dans leurs traitements thérapeutiques en massothérapie ou en médecine énergétique. J’aime ces gens et je suis fier d’avoir pu bâtir avec les années un public d’une telle qualité, en étant farouchement indépendant des grands courants de l’industrie du disque et du spectacle.

J’ai vu que vous rééditez Atlantis Angelis vingt-cinq ans après sa parution. Avez-vous d’autres projets de réédition ? Sinon, allez-vous bientôt sortir un nouvel album ou un nouveau livre ?
On dit quelquefois que ma musique est intemporelle. Mon directeur musical n’utilise jamais de programme de synthétiseur à la mode, si bien qu’on se retrouve toujours avec des sonorités qui transcendent le temps. Je peux donc me permettre de remastériser certaines productions avec les outils électroniques actuels, ce qui redonne à certains de mes albums une dynamique nouvelle. J’aime aussi créer des compilations en regroupant sur un même album des compositions dont la fonction vibratoire est la même mais qui apparaissent sur des albums différents. Tout cela me donne l’occasion de sortir des rééditions régulièrement.
En ce qui concerne le futur je ne peux rien dire. Je ne pense pas avoir fait l’erreur de sortir un album en fonction de la demande ou du marché. Chaque album est un cri du cœur, un impérieux besoin intérieur. C’est toujours risqué. Je ne compose pas ma musique… en réalité c’est plutôt la musique qui me compose. C’est un cliché bien sûr, mais il reflète bien une partie de la réalité. Je ne prévois jamais la production d’un album. C’est l’album qui s’impose de lui-même graduellement. Mon seul travail est alors d’attendre l’inspiration. Mais attendre l’inspiration demande quand même beaucoup d’effort de ma part. Je dois maintenir une certaine clarté mentale pour ne pas interférer dans le processus de canalisation ou d’inspiration. Le bhakti yoga m’aide à ce niveau, en concentrant mes états d’âme sur le but réel de ma musique qui est d’induire une transmission d’énergie spirituelle dans la conscience de l’auditeur. Le but est toujours la guérison de l’âme par le développement de l’amour divin qui pardonne toute chose. Lorsque ce but est gardé en mémoire, un album-concept arrive comme « tombé du ciel ». Je me considère comme un serviteur qui serait au service de cette transmission d’ondes vitales. C’est un style de vie qui garde le présent dans un certain sentiment de sérénité et qui donne à l’avenir un aspect pro-actif et co-créatif.

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