WU LYF, Go Tell Fire To The Mountain

WU LYF
Go Tell Fire To The Mountain
2011
Royaume-Uni
Heavy pop

01. L Y F
02. Cave Song
03. Such A Sad Puppy Dog
04. Summas Bliss
05. We Bros
06. Spitting Blood
07. Dirt
08. Concrete Gold
09. 14 Crowns For Me & Your Friends
10. Heavy Pop

C’est le buzz du moment ! Et pour cause ! Nouveau groupe mancunien, il séduit, intrigue, agace parfois mais ne laisse pas grand monde indifférent. La formation se compose de 4 jeunes gens ambitieux lorgnant vers une quête mystique très personnelle. Le logo du groupe est un crucifix victorieux, et l’album a été enregistré dans une église désaffectée de Manchester. 10 titres comme autant d’imprécations farouches, menées par le chanteur/organiste Ellery Roberts. Voix écorchée, braillarde, à vif, rappelant parfois Tom Waits (« Such A Sad Puppy Dog », « 14 Crowns For Me & Your Friends »). Ca suinte la mélancolie, mais sans retenue, avec une certaine fougue juvénile. Subtil mélange de peine, de rage, d’introspection violente (on en appelle au « cri primal » d’Arthur Janov). La recette gagnante du combo : le mystère. Peu d’interviews, création d’une communauté de fans arborant un bandana à leurs concerts incendiaires, WU LYF (World Unite/Lucifer Youth Foundation) crée via la toile son propre mythe, ce qui a le don d’énerver les curieux journalistes ! Références diverses, mais rejet de l’héritage musical de Manchester, WU LYF est une entité unique, qui cherche à se différencier (et y arrive). Est-ce une secte ? Quasi. Autarcie complète des membres, l’éthique do it yourself poussée assez loin : label, pochette, clips, site web… J’aime le concept, je dois bien l’avouer. Son flottant, orgue omniprésent (dès l’ouverture du disque), accords parfaits, montées en puissance idéales, on reste en permanence suspendus, en alerte. Les mélodies ne servent que l’émotion pure, sans artifices. « Spitting Blood » reste le chef-d’oeuvre du disque : tambour battant, choeurs, furie dans le chant. Les larmes coulent. Pureté d’une colère sans cause, la messe est dite ! Le groupe joue avec nos nerfs, notre coeur, affûte notre corde sensible, se noie dans de la soul, ressuscite des éléments de post-rock vaguement, mais leur royaume n’appartient qu’à eux. Batterie tribale (« Dirt »), guitares en arpèges suaves et protecteurs. Que va devenir WU LYF ? Difficile à dire, les intéressés eux-mêmes n’en savent rien. Ils projettent d’ores et déjà de diversifier leurs activités : édition, cinéma, production… Dents longues, ces petits ! Ce phénomène non-hype (loin de là !) réjouit à plus d’un titre. On sent une maturité presque définitive. Peuvent-ils aller plus loin ? Je n’en suis pas sûr, mais je l’espère secrètement. Go Tell Fire To The Mountain (WTF ???) est une réussite sans conteste. C’est rafraîchissant, novateur, et je veux bien mourir au Guyana, si ces mecs me le demandaient !

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