KRAFTWERK, The Man-Machine

KRAFTWERK
The Man-Machine
1978
Allemagne
Techno pop

01. The Robots
02. Spacelab
03. Metropolis
04. The Model
05. Neon Lights
06. The Man-Machine

« We are the robots ! »
Eh oui, cette déclaration résume à elle seule le concept kraftwerkien. Groupe allemand phare du krautrock (« rock choucroute », ça ne s’invente pas !), il est véritablement le pionnier de la musique électronique. Mené par Ralf Hütter et Florian Schneider, le groupe devient une entité musicale bionique dès le milieu des années 1970. Expérimentant sans fin les nouvelles sonorités que peuvent offrir les synthétiseurs dans leur studio-laboratoire de Düsseldorf (le célèbre Kling Klang Studio), le groupe apparaît comme un ensemble autiste, totalement robotisé et fier de l’être. Avec The Man-Machine, Kraftwerk atteint une grâce extraordinaire. Les morceaux sont comme une bande-son futuriste, destinés à émouvoir toute machine (regardez comme votre aspirateur se dandinera sur les premières mesures de « The Robots » !). Ces quatre garçons proposent une immersion totale dans un univers mécanisé, mais gai et chatoyant grâce aux mélodies. Celles-ci sont imparables et simples, presque enfantines, comme sur « The Robots », « The Model » ou « The Man-Machine » et avec la rythmique du tandem Wolfgang Flür/Karl Bartos elles incitent à bouger (la danse du robot avec un costume en aluminium est fortement conseillée !). Ce n’est pas un hasard d’ailleurs si nos quatre « hommes-machines » seront samplés à haute dose par la suite et inspireront plusieurs styles musicaux comme la house, la techno et même le hip-hop. Kraftwerk se démarque alors du bruitisme industriel d’un groupe comme Throbbing Gristle qui sévissait à la même époque ; on parlera pour Kraftwerk d’industrielle Volkmusik (musique industrielle populaire). Chez Kraftwerk, les robots sont gentils et sont l’alternative future à l’humanité. D’ailleurs, le groupe proposera même le délire de télécommander à distance des mannequins ayant l’apparence des musiciens pour jouer à leur place lors des concerts ! Pour moi, The Man-Machine est véritablement leur chef-d’œuvre. Avec en plus une imagerie uniformisée, inspirée par le pays des Soviets (à prendre évidemment au 45e degré !), cela rajoute une touche robotique et déshumanisée que l’on ressent à l’écoute de la musique, bien que celle-ci soit pacifique et non-agressive. Kraftwerk confirme qu’il est un groupe véritablement à part dans le spectre musical de l’époque. Dès cette période de la fin des années 1970, le groupe est célébré par des artistes tels que David Bowie qui dédiera une chanson à Florian Schneider sur « Heroes ». Aujourd’hui, le groupe est acclamé par des légions de fans et tient lieu de légende sans doute grâce à sa créativité et à son esprit décalé.

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