BLACK MARBLE, A Different Arrangement

INT.Black Marble

BLACK MARBLE
A Different Arrangement
2012
Etats-Unis
Darkwave

01. Cruel Summer
02. MSQ No-Extra
03. A Great Design
04. A Different Arrangement
05. Limitations
06. UK
07. Static
08. Pretender
09. Last
10. Safe Minds
11. Unrelated

Il s’agit du premier album de ce duo originaire de Brooklyn (NYC). Chris Stewart et Ty Kube ont fait paraître la même année le maxi Weight Against The Door, qui contient notamment « Pretender » et « Backwards » (voir le merveilleux clip de Timothy Fiore). Comme un hommage appuyé aux eighties, le nom du groupe vient d’un film sorti en 1980, réalisé par Harold Becker, avec Harry Dean Stanton. Black Marble est pétri d’influences vintage. Le jeu de basse de Stewart fait indubitablement penser à celui de Peter Hook (Joy Division, New Order). La formation se veut minimale, n’incorporant que peu d’instruments. La répartition des tâches est la suivante : Chris Stewart (chant, basse), Ty Kube (ancien membre de Team Robespierre) (synthétiseurs, boîte à rythmes). Orfèvre d’un art ancien, Black Marble est introspectif et délicat. Leur musique se classe dans la niche darkwave, se réclame d’une cold wave européenne, du post-punk fiévreux et de la pop synthétique en général. L’urgence de leur propos s’entend à travers la vigueur d’une basse bondissante, bien souvent secondée par une boîte à rythmes sèche, sans états d’âme (« MSQ No-Extra », « A Different Arrangement », « Static », « Pretender »). Cela provoque d’ailleurs un contraste saisissant avec la voix, posée, caverneuse. Stewart est hiératique, parfois sentencieux (« Limitations »). La production simple est illustrée par le manque d’ampleur sonore appliqué sur la boîte à rythmes sur les intros de « MSQ No-Extra », « A Different Arrangement », « Limitations », « UK ». Ce qui frappe aussi à l’écoute de l’opus est le côté lumineux de certains morceaux. Black Marble se démarque ainsi d’une stricte orthodoxie neurasthénique. Le morceau d’ouverture est à ce niveau un exemple. Débutant par un bruitage angoissant, la chanson se poursuit par une montée mélodique synthétique solaire. C’est très romantique tout en étant robotique. Le mouvement est juste contrebalancé par l’immobilisme de la voix, agissant comme une entité extérieure et désincarnée. « A Great Design » est aussi une perle radieuse, d’une joie certes mesurée, mais qui prouve que les deux compères peuvent se passer d’antidépresseurs ! Néanmoins, l’obscurité parsème l’album et nous rappelle où nous mettons les oreilles. En dehors de la morosité de la voix de Stewart, la basse est particulièrement macabre sur « Static » (seul morceau moyen). Black Marble parvient à être entraînant. Les mélodies sont imparables, mettant en relief des crescendos avortés tout à fait réjouissants. A ce petit jeu, « Pretender » est le titre phare du disque ; Black Marble joue avec nos nerfs en nous promettant une explosion finale, mais l’habileté du groupe vient de cette retenue permanente. Le combo new-yorkais a une maîtrise ébouriffante des émotions et ressuscite un esprit passé en l’améliorant. Des touches vibrantes de nostalgie se décèlent sur « A Great Design » principalement. Propos cohérent à travers ce A Different Arrangement qui compte dix chansons et l’instrumental « Unrelated ». Pas forcément révolutionnaire mais foutrement addictif !

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