LOVE SPIRALS DOWNWARDS, Idylls

INT.Idylls

LOVE SPIRALS DOWNWARDS
Idylls
1992
Etats-Unis
Ethereal wave

01. Illusory Me
02. Scatter January
03. Love’s Labour’s Lost
04. This Endris Night
05. Forgo
06. Eudaimonia
07. Dead Language
08. Stir About The Stars
09. Noumena Of Spirit
10. Ladonna Dissima
11. Drops, Rain, And Sea
12. Waiting For The Sunrise
13. And The Wood Comes Into Leaf

Love Spirals Downwards (LSD pour les intimes) est une formation défunte. Elle est née sous l’impulsion de Ryan Lum, rejoint en 1991 par sa compagne d’alors, la délicieuse Suzanne Perry. Le groupe se dissout à la fin de la décennie. Ryan Lum continuera sous le nom Lovespirals avec Anji Bee. LSD, avec Idylls, son premier album, devient un fleuron de Projekt, le merveilleux label new-yorkais fondé par Sam Rosenthal. Le duo porte alors fièrement l’étendard ethereal, tissé dans les années 1980 par Cocteau Twins. D’ailleurs, la voix angélique de Perry permettra au combo d’apparaître sur les fameuses compilations Heavenly Voices d’Hyperium Records. Pour moi, la représentation visuelle idéale de la musique de Love Spirals Downwards, c’est cette mer de nuages que je contemplai dans l’avion qui me menait en Californie il y a de cela quatorze ans. Cet instant magique, hors du temps, est définitivement lié aux Américains. Idylls est sans doute l’un des albums majeurs de cette scène à la fois inspirée par le shoegaze, la musique gothique et l’ambient. De la pop rêveuse et vaporeuse, à l’image des volutes blanches qui parsèment la pochette de l’opus. Un voyage céleste, où la pesanteur n’a plus cours. Un vol sidéral, stratosphérique, une légèreté suave et onirique, un chaleureux avant-goût du paradis. L’album est résolument aérien. Il peut s’avérer néanmoins organique, « terrien », lorsqu’on entend des percussions sur « Illusory Me », « This Endris Night » et « Forgo ». L’aspect orientalisant est le bémol que j’apporterais à Idylls. On retrouve des motifs de ce type sur « Dead Language » et « Illusory Me » notamment. Ce dernier morceau est cassé dans la deuxième partie par l’irruption d’un schéma plus sombre, Perry incarne alors une reine de Saba fiévreuse, une prêtresse babylonienne inquiétante. La voix de Suzanne Perry est l’atout charme du groupe et a contribué à son succès. Elle est pleinement réverbée, souvent doublée pour créer un chœur imaginaire. Bien que majoritairement doux, cristallin et éminemment féminin, son chant peut être grave et profond. Des incantations sont perceptibles sur « Scatter January » et surtout « Forgo », où la voix de la belle m’évoque celle d’Andrea Meyer Haugen d’Hagalaz’ Runedance. L’instrumentation de Ryan Lum n’est pas en reste. Le musicien fait montre d’un savoir-faire hors pair dans le maniement des effets. On les remarque aussi bien sur la guitare acoustique que sur la guitare électrique, conférant à l’ensemble un son irréel, d’un autre monde. Sans forcer son génie, Lum nous enveloppe complètement avec des arpèges et des accords d’une simplicité enfantine. Une maîtrise parfaite de l’art de faire planer ! Parfois, la guitare électrique fuse, une éruption soudaine qui nous sort de notre torpeur (« Scatter January », « Ladonna Dissima », « Drops, Rain, And Sea »). Outre les Cocteau Twins, LSD semble aussi s’être inspiré de The Cure. On retrouve le son de guitare caractéristique de Disintegration (dream pop oblige !) sur l’ouverture de « Drops, Rain, And Sea » ou celui typique de la « trilogie noire » des Anglais sur « Stir About The Stars ». Parfois sombre, l’opus est le plus souvent lumineux et surtout terriblement envoûtant. Un bon usage est aussi fait du synthétiseur. L’instrument mène la danse sur « Noumena Of Spirit » et on observe des nappes sur « Illusory Me » et « Forgo ». A l’issue de l’écoute de ce disque, on peut véritablement dire que le couple Lum/Perry s’impose dans leur recherche de poser des ambiances atmosphériques d’une grande beauté.

Laisser un commentaire