THE SISTERS OF MERCY, First And Last And Always

THE SISTERS OF MERCY
First And Last And Always
1985
Royaume-Uni
Gothic rock

01. Black Planet
02. Walk Away
03. No Time To Cry
04. A Rock And A Hard Place
05. Marian
06. First And Last And Always
07. Possession
08. Nine While Nine
09. Amphetamine Logic
10. Some Kind Of Stranger

« I hear you calling Mariaaan… » Ouh la la, ça fait peur ! Andrew Eldritch est vraiment le croque-mitaine idéal ! Lunettes noires pour fumée blanche, blouson de cuir, air patibulaire et condescendant : la panoplie parfaite du poseur gothique torturé, sombre, mélancolique. Les Soeurs de la Miséricorde (hommage à des bonnes soeurs, une congrégation de putes, une chanson de Leonard Cohen ?) sortent le 11 mars 1985 leur chef-d’oeuvre. First And Last And Always est leur premier album. Après 5 ans d’existence, de démos et de singles, le groupe de Leeds sort totalement de l’ombre (haha, marrant pour des goths !). Cet opus marque d’une pierre blanche (ou noire ?) un genre nouveau, bien qu’ébauché depuis la fin des années 1970 : le gothic rock. Une lourdeur peu commune, des guitares fines, tout est bien balancé ; c’est mélodique, désespéré. En même temps, Eldritch (fou francophobe), inspiré par la froideur désolante du nord de l’Angleterre et ses landes industrielles décrépites, nous sert une poésie noire tout au long de ces 45 minutes 37. Les inflexions de voix d’Andy, pleines de théâtralité, donnent ses lettres de noblesse au style, notamment sur « Possession », « Nine While Nine », « Walk Away » ou « Some Kind Of Stranger ». Au niveau de l’instrumentation, l’osmose est manifeste, bien que le groupe est alors au bord de l’implosion. Le duo Gary Marx/Wayne Hussey aux guitares, est doué d’un sens mélodique froid et entraînant indéniable (« Walk Away », « Nine While Nine »). Craig Adams (futur fondateur avec Hussey de The Mission) s’impose en bassiste menant la danse ou tapissant le son du groupe de notes macabres et viriles (« No Time To Cry », « First And Last And Always »). Que dire sinon de mon membre préféré : Herr Doktor Avalanche ? Boîte à rythmes royale, présente depuis les débuts du groupe, qui offre une vision mécanisée de la langueur, et ajoute par son beat répétitif une valeur dansante à leur musique. Véritable symbole des Anglais, sa précision métronomique prodigue une rythmique désincarnée et organique qui contraste avec les élans romantiques du Führer Eldritch (effet particulièrement remarquable sur « Amphetamine Logic » et son final spleenesque de haute volée !). Il est vrai que les émotions à fleur de peau sont prédominantes. Le mal de vivre est la recette gagnante de ces corbeaux version hair metal (pour cette dernière dénomination, c’est pas moi, c’est un Finlandais saoul qui l’a dit !). L’album enchaîne des morceaux d’une grande profondeur, tous devenus des classiques. De « Black Planet », titre vif, à « Some Kind Of Stranger », très doux et triste, le chemin de croix aura été rude, les démons piquent et ne laissent que peu de répit, mais à la fin, la délivrance arrive et donne l’immortalité.

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