BLACK SABBATH, Black Sabbath

Black_Sabbath_debut_album

BLACK SABBATH
Black Sabbath
1970
Royaume-Uni
Heavy metal

01. Black Sabbath
02. The Wizard
03. Wasp/Behind The Wall Of Sleep/Bassically/N.I.B.
04. Wicked World
05. A Bit Of Finger/Sleeping Village/Warning

Voici un album révolutionnaire ! Sorti le vendredi 13 février 1970, il marque les véritables débuts de ce qu’on nommera heavy metal. Il est vrai que cette dénomination était déjà appliquée à certains groupes de la fin des années 1960 comme The Jimi Hendrix Experience, Led Zeppelin, Cream ou encore Blue Cheer ; mais avec Black Sabbath, le terme heavy metal prend tout son sens. Car avec ces quatre gars de Birmingham, tout est lourd et tendu. De plus, l’album propage une aura lugubre des plus singulières. Le groupe cherche alors à se faire remarquer. Tout d’abord le nom hautement évocateur de Black Sabbath induisait tout un programme. Même si la vérité est moins excitante (le nom vient du titre d’un film avec Boris Karloff), on associa longtemps (à tort) les membres de Sabbath au satanisme. Autre élément intrigant est la pochette de l’album, qui est sans doute l’une des plus énigmatiques de toute l’histoire du rock. En effet, elle représente une maison ancienne nimbée par une lumière automnale de fin de jour, et l’on voit apparaître au premier plan une femme au teint « jocondien » et qui, selon la légende, ne serait apparue qu’au moment de la révélation de la photo ! Le décor est planté. Et la musique me direz-vous ? Il faut d’abord rappeler que Black Sabbath c’est la rencontre de quatre talents parfaitement complémentaires. La base rythmique est composée de Geezer Butler à la basse et Bill Ward à la batterie. Elle est très inspirée par le blues. La basse se distingue par son côté pachydermique mais très inspiré. Bill Ward se prend carrément pour un batteur de jazz (cf. l’intro de « Wicked World ») et nous propose des variations très riches. Quant à la guitare du ténébreux Tony Iommi, elle donne une puissance magique à la musique. On retient son souffle et on explose quand surgissent les solos magistraux qu’il interprète avec un feeling remarquable (« N.I.B. » est une merveille pour tous les headbangers du monde !). Et le son de sa guitare est lui aussi très pesant. Il ressemble à celui d’une grosse Bertha qui aurait avalé les cordes vocales de Barry White ! D’ailleurs, ce son si particulier, très puissant et très grave, se démarque alors des sonorités rock de l’époque qui étaient plus légères et virevoltantes. Enfin, n’oublions pas la voix de ce madman de génie qu’est Ozzy (écrit Ossie sur le disque d’origine) Osbourne. Il parvient à nous donner la chair de poule sur « Black Sabbath » lorsqu’il prononce ses incantations désespérées pour se protéger de Satan qui le poursuit. Ainsi, sa voix traînante confère à l’album cette note macabre qui en fait une œuvre de référence. Black Sabbath invente dès l’an de grâce 1970 un style unique qui inspirera toute une gamme de musiciens aux cheveux longs (qui a dit aux idées courtes ?) qui tenteront par la suite de reproduire ces riffs vrombissants si particuliers. Aujourd’hui, l’héritage de Sabbath se retrouve dans le stoner ou le doom metal.

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